Le parti pris des cases : le corps dans la bande dessinée
Pour étudier la bande dessinée, devenue objet de plus en plus important de recherche, il n’existe pas une lecture unique. Benoît Peeters avait souligné que toutes les approches, de la plus naïve à la plus érudite, étaient légitimes. La question du corporel est devenue, dans la littérature graphique, une ressource pour comprendre les sociétés du présent comme celles du passé. En effet, les études corporelles, comme en témoignent les bandes dessinées, aux allures de témoignages, sur le cancer, la sclérose en plaque, la maladie d’Alzheimer ou autres pathologies. Elles sont liées à des problématiques très contemporaines comme le corps vieillissant ou le corps augmenté. La bande dessinée est aussi une manière d’interroger le mouvement, les gestes et bien sûr le devenir du corps humain.
Frédéric Chauvaud, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’Université de Poitiers, est un spécialiste de l’histoire de la justice pénale et du 9e art. Il a beaucoup travaillé sur le féminicide et le corps dans la bande dessinée. Récemment il a publié un livre d’entretiens avec Michelle Perrot et, en collaboration, un récit graphique : Les trois maisons de Michel Foucault. Il va publier en mai Kriss de Valnor. Le procès d’une héroïne de papier et, en novembre, Humoristes, rieurs et fumistes. La justice à l’épreuve du rire (1830-1940).
Image d’illustration : Benoît Hamet
