Conférences
Angkor et la naissance d’un mythe khmer
De quoi Angkor est-il le nom ? Simple destination touristique pour beaucoup, vendue comme un produit bien « liké » sur les réseaux et chez les marchands d’exotisme, Angkor est devenu un mythe.
Sur une réalité historique se sont greffés des symboles, des récits, des souvenirs qui finissent par recouvrir ces lieux et leur conférer des sens multiples.
Et d’abord, Angkor, ce sont des centaines de temples, monuments, édifices, remontant au temps de l‘Empire Khmer qui apparait vers le Xe siècle, pour 400 ans. Cet Empire succède aux royaumes indouisés qui témoignent de l’implantation des religions de l’Inde. Deux souverains bâtisseurs édifient Angkor Wat, le Versailles khmer, puis Angkor Tom, un ensemble qui est une cité royale.
Demeures des dieux sur terre, d’architecture grandiose et raffinée, ils sont sacralisés et liés aux récits de création du monde.
Et puis les empires s’effondrent, la jungle reprend ses droits, dévorant les pierres et disant la fragilité des construction humaines. Des explorateurs les redécouvrent, la France impériale les dégage de leur prison végétale pour en faire un pilier de sa gloire coloniale, jusqu’à reconstruire Angkor Wat à Paris en 1931.
Par la suite, des écrivains, des cinéastes y situent leurs créations, leurs aventuriers affrontés aux sauvages Moïs, tandis que les danseuses célestes dansant sur les bas-reliefs dansent aussi avec le Ballet royal, pour les hôtes illustres. Le temps qui a mangé les temples, est comme suspendu, les danseuses sont identiques.
Ce sont les composantes et les significations de ce mythe – vestiges et fragilité des empires, puissance de la nature tropicale, permanence au pays de l’impermanence, sentiment du sacré – que cette conférence richement illustrée visera à mettre en valeur. Vous ne verrez plus Angkor comme vous le faisiez jusqu’alors.
Henri Copin a vécu et travaillé au Vietnam, au Cambodge et au Sénégal.
Agrégé de l’Université, docteur en Littérature comparée, thèse en Sorbonne : L’Indochine dans la littérature française, Exotisme et altérité, publiée en 1996.
Professeur à l’Université permanente de Nantes, élu à l’Académie littéraire de Bretagne et des Pays de la Loire, conférencier, interviewer de nombreux auteurs français et étrangers (Patrick Deville, Jean-Christophe Ruffin, Sylvain Tesson, Didier Decoin, Boualem Sansal, Riad Sattouf, Henri Lopes, Fatou Diome, Anna Moï, Kim Thuy, Alain Mabanckou entre autres).
Auteur de nombreux ouvrages, articles, communications, consacrés à la représentation littéraire de l’Asie (pays de l’ex-Indochine) et de l’Afrique, en période coloniale ou postcoloniale, à l’altérité, aux figures de l’Autre et de l’Ailleurs.
Contribue à L’Encyclopédie de la Colonisation française, en cours de publication aux Indes Savantes.
Préfaces et études littéraires pour Kent Davis, DatAsia http://www.datasia.us/publishing/
Contribution au Séminaire Portail entre les cultures, Ecole normale supérieure/ BnF
Contributions aux Cahiers du Nem, revue numérique Des Cultures Asiatique et de la Diaspora http://lescahiersdunem.fr


